Fausse alerte sur la Suisse de l’immobilier

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Pas de panique. L’étonnante résistance des prix des logements en propriété observée durant ce printemps ne doit pas fait craindre l’explosion d’une bulle. Pas davantage qu’auparavant, en tout cas

«Le risque de bulle immobilière progresse.» Alors qu’en Suisse, l’accalmie était devenue le maître mot, cette information, diffusée mardi par UBS, a de quoi inquiéter. Le spectre d’une explosion en plein vol, d’une chute brutale des prix et d’une crise immobilière aurait-il échappé à toutes les dernières analyses sur le sujet?

Rassurons-nous, ce n’est pas le cas. A y regarder de plus près, ce que nous signalent simplement les experts de la grande banque, c’est que la pierre résiste. Et qu’elle connaît un léger sursaut. En dépit des restrictions mises en place par les autorités et malgré les effets conjoncturels (et néfastes) de l’envolée du franc. C’est une situation paradoxale. Et c’est ce qui surprend aujourd’hui les analystes d’UBS.

Et encore, tout le monde ne contribue pas de la même manière au rebond de ce printemps. Ceux qui continuent d’acheter sont les investisseurs institutionnels (les caisses de pension, notamment) et privés. En raison du contexte général, ils ne savent plus vers quoi d’autre s’orienter pour ne pas prendre trop de risques. Puisqu’ils paient de plus en plus cher, cela leur rapporte de moins en moins. Qu’importe. Ils continuent quand même de gagner de l’argent.

Les ménages? Il y en a bien sûr qui sont en train de payer trop cher leur logement – des 4 pièces à plus de 1 million de francs sont devenus la norme à Lausanne ou à Genève. Ceux-ci verront peut-être la valeur de leur mise se déprécier ces prochaines années.

Il n’y a rien d’agréable à cela. Mais tous les professionnels avisés de l’immobilier vous le diront: on achète un logement pour y vivre. Parce que l’on s’y plaît, parce que la cuisine est ouverte sur le salon. Ou parce que l’on a toujours rêvé de cultiver son petit potager. Bref, parce que c’est un projet de vie, pour soi et/ou sa famille. Et non pas parce que l’on veut encaisser une plus-value financière.

Tant que les prix ne chutent pas de 15, 20 ou 25% partout et en même temps, il n’y a pas de raison de paniquer. Comme il a soutenu la hausse des prix depuis 2002, le flux migratoire devrait encore limiter la baisse attendue de la demande – et donc des prix. Le vote du 9 février 2014 va peut-être réduire les arrivées. Mais personne n’a dit que les étrangers allaient fuir le pays par dizaines de milliers.

Au risque de le perdre, faisons ce pari: le scénario catastrophe n’aura pas lieu et la Suisse ne verra pas le remake du mauvais film de la fin des années 80. La bulle immobilière ne va pas exploser. Elle n’aura donc pas existé.

source: Le TEMPS.ch

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/3df23f76-3ad5-11e5-9458-f31f164eeae/Fausse_alerte_sur_la_Suisse_de_limmobilier

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